Sculpteur · Dijon, Bourgogne
Fer, bronze, objets récupérés. Yannick Lety donne une seconde vie aux matériaux que notre société condamne.
Sélection d'œuvres
Chaque pièce naît d'un matériau récupéré, porteur d'une histoire. La sculpture révèle ce que l'objet avait toujours été.
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Né en 1968 à Dijon, Yannick Léty est sculpteur plasticien. Initié aux Beaux-Arts de Dijon dès l'enfance, il y fréquente les cours du mercredi pendant deux ans, avant une carrière de trente-trois ans dans le recyclage des métaux.
Depuis 2024, il consacre sa pratique entièrement à la sculpture. Héritier de l'École de Nice — César, Arman, les Lalanne — il développe un langage personnel ancré dans la matière brute et le métal recyclé.
Au cœur de sa démarche : le Concrétionisme, une technique qu'il a inventée. Par un procédé électrochimique, il fait croître des concrétions à la surface de ses œuvres, comme un récif sur une épave.
Courant artistique · Acte fondateur
Le concrétionisme est un courant artistique fondé sur un principe simple et radical : laisser la matière croître.
À l'origine de ce mouvement, une technique mise au point après des années d'expérimentation sur l'immersion d'objets, conducteurs ou non, dans un bain électrochimique basé sur le procédé de galvanoplastie, afin de les recouvrir de métal. Non pas pour les polir ou les lisser, mais pour les laisser se transformer, comme s'ils avaient séjourné pendant des décennies au fond des océans.
Ce qui distingue le concrétionisme de toute autre démarche galvanique, c'est le refus du contrôle total. Là où d'autres cherchent une surface uniforme, nous cultivons l'accident, la prolifération, le débordement. La surface se hérisse de picots, de virgules, de concrétions — formations organiques qui évoquent les récifs coralliens, les minéraux, le vivant. Ce métal qui pousse n'est pas appliqué : il est cultivé.
Le concrétionisme se situe à la frontière entre la chimie, la biologie et l'art. L'artiste initie. Le processus fait le reste. Ce qui émerge du bain n'est jamais tout à fait prévisible, jamais tout à fait maîtrisé — et c'est précisément là que réside l'œuvre.
Une fois extrait du bain, le travail peut se poursuivre : des patines viennent en modifier la couleur, des vernis la figent dans le temps, ou bien l'œuvre est simplement abandonnée à l'air libre, livrée à l'oxydation, au temps, à la poursuite de sa propre transformation.
Car le concrétionisme ne s'arrête pas au laboratoire ni au bain galvanique. Il embrasse tout processus naturel de croissance sur la matière — comme la rouille qui envahit l'acier enfoui dans la terre, les concrétions marines qui colonisent une forme immergée en mer. Le médium n'est pas le métal : le médium, c'est le temps.
Quatre postulats
« Ce manifeste est l'acte de naissance d'un mouvement. Il appartient désormais à ceux qui, comme moi, croient que la matière a quelque chose à dire — et qu'il faut simplement lui en donner le temps. »Yannick Léty
Philosophie
Fer forgé, cuivre oxydé, bronze patiné — Yannick travaille les métaux avec une approche presque archéologique, révélant leur mémoire enfouie dans chaque texture.
Rien ne se perd. Chaque objet abandonné est une invitation à la réinvention. Ses sculptures naissent de matériaux que le monde moderne a décidé d'oublier.
À travers ses formes, il pointe la société de consommation effrénée. Ses œuvres sont un miroir tendu à notre époque — beau, et dérangeant.
Processus créatif
Un travail physique, précis, et profondément artisanal. De la collecte à la patine finale, chaque étape est un dialogue avec la matière.
Yannick parcourt les chantiers de recyclage et les dépôts à la recherche des matériaux qui l'interpellent — ceux qui portent des traces du temps, une mémoire palpable dans leur texture.
Avant de sculpter, il observe. Le métal lui parle : sa courbure naturelle, ses oxydations, ses soudures anciennes. La sculpture est souvent déjà là — il ne fait que la révéler.
Chalumeau, marteau, enclume. Les formes humaines ou animales émergent dans la résistance du métal. Chaque coup porte à la fois force et délicatesse.
Oxydations contrôlées, brunissages, patines chimiques — Yannick travaille la surface comme une peau, lui donnant profondeur et caractère unique.
Acquérir · Exposer
Chaque œuvre est unique. Expositions, collaborations — Yannick est disponible pour tout projet qui résonne avec sa démarche.
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